Naoki Urasawa
par Gentiltoutou le 07/23/2008 dans mainlineCombattants de la première heure contre l’invasion de nos foyer par des japoniaiseries, amis réticents aux « mangasses » ne fuyez pas. On ne va pas faire l’éloge de la narutardisation grandissante des collèges de banlieue. Non, on va faire bien mieux. On va parler de Naoki Urasawa, un nom à retenir s’il en est un parmi les têtes de files de la cuture nippone.
Pour preuve de la qualité cuturelle de ses mangas, notons que 0th century boys, sa dernière oeuvre complète a été récompensé par nombre de prix dont celui de la meilleure BD étrangère au festival d’Angoulême (prix qui lui avait déjà été décerné pour sa précédente série, Monster) ou les prestigieux prix Kodansha et Shogakukan des meilleurs mangas qui sont en quelque sorte les Goncourt et Renaudot japonais du manga. Regardons un petit peu plus l’oeuvre de celui qui est en passe de devenir le nouveau grand ponte du seinen.
Urasawa dessine et écrit depuis le début des années 80, son oeuvre est assez fournie et il a l’habitude de mener de front plusieurs projets. De ses premières oeuvres, on peut retenir Yawara qui est son premier franc succès au Japon. Ce manga raconte les déboires d’une jeune fille qui pratique du judo sous la pression de son grand-père autoritaire. Elle est très douée et représente un espoir majeur du Japon pour les JO de 1992 (où le judo féminin est présent pour la première fois!). Le judo, sport national au Japon, lui a bien réussi puisque Yawara s’est vendu à des millions d’exemplaires. Ryoko Tamura, une championne japonaise de judo a même été surnommée Yawara-chan tellement la ressemblance était flagrante!

Mais c’est dans les histoires sombres qu’Urasawa excelle. Son premier succès européen est Monster. Sorte de thriller psychologique, ce manga qui se passe en Allemagne (c’est assez rare pour le noter) raconte l’histoire d’un neurochirurgien de génie, promis à un avenir radieux qui voit sa vie changer du tout au tout lorsqu’il sauve un jeune garçon. Jeune garçon qui s’avère par la suite être un dangereux psychopathe. S’en suit alors un jeu du chat et de la souris de 18 tomes au cours desquels le docteur Tenma (en référence à Astroboy de Tezuka) va essayer de retrouver le « monstre » Johann, de comprendre le fond de l’histoire et de réparer son erreur. Monster a eu un succès immédiat et a été adapté en dessin animé. Cet anime a été diffusé en intégralité sur Canal+ ce qui a fait connaître Naoki Urasawa en France.

En même temps que Monster, Urasawa écrit 20th Century Boys. 20th comme on l’appelle, marque une rupture avec son style antérieur. Le dessin change énormément, mais on s’y habitue facilement. Sa nouvelle patte graphique s’accorde d’ailleurs parfaitement avec la maturité de ses scénarios capillotractés. 20th raconte l’aventure d’une bande d’amis d’enfance obligés de faire face à un déséquilibré (Ami de son doux nom), leader d’une secte, qui envisage de détruire l’humanité. Le problème c’est que la « bande à Kenji » connait cet Ami sans connaître sa véritable identité. Ajoutez à celà le fait qu’Ami suit à la ligne le scénario de la fin du monde écrit par la « bande à Kenji » lors de leurs années de primaire, saupoudrez le tout d’esprit Rock des années 60-70 (Woodstock powered) et vous obtiendrez 20th Century Boys. La complexité du scénario est délectable, les cliffhangers gérés de main de maître et les informations lâchées au compte goutte. On retrouve dans 20th le souci de soigner au maximum la psychologie des personnages, chacun a un caractère bien trempé mais tous évoluent au fil du temps (le manga s’étale sur plus de 40 ans). Les 21 tomes du manga sont en cours d’adaptation cinématographique, le premier volet de la trilogie sortira le 31 Aout au Japon. Voir
Après la fin de 20th, Urasawa a décidé de s’attaquer à un monstre sacré. Avec son Pluto, il reprend l’histoire de la légende Astroboy du non moins Légendaire Osamu Tezuka (considéré seulement comme le meilleur mangaka que la Terre ait jamais portée). Difficile de faire un parallèle, mais on pourrait comparer ça à une reprise de Tintin par Enki Bilal par exemple. L’univers fidélement retranscrit, le style graphique d’Urasawa a encore gravi d’un échelon et on retrouve dans le scénario le capillotractage minutieux made in Urasawa.La série n’est pas finie au Japon et compte actuellement 7 tomes.

En bref, Urasawa fait d’ores et déjà parti des meilleurs mangakas ever. Récompensé par ses pairs et par le public, il sublime tout ce qu’il touche et fait le bonheur des éditeurs qui ressortent du placard ses anciennes séries comme Pineapple Army ou Master Keaton. Ces dernières se vendent d’ailleurs beaucoup mieux une fois estampillées du tampon « par le créateur de Monster et 20th Century Boys »…
Pour plus d’information sur Urasawa voir le (très bon) dossier de Chronic’art ou l’enregistrement mp3 de l’émission de GenerationManga qui lui a été consacrée (trouvée via le forum de la bande à Kenji. Monster, 20th Century Boys et 21st Century Boys (2 tomes qui closent la série) sont édités en France, vous pouvez vous les procurer en librairie. Quant à ses autres oeuvres, la plupart sont disponibles en scantrad chez la team Iscariote.
3 commentaires »
Flux RSS des commentaires de cet article. TrackBack URI
Laisser un commentaire
Les paragraphes et retours à la ligne sont automatiques. Les e-mails sont masqués. HTML autorisé : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>
J’aime pas les mangas.
Commentaire par Diije — 07/29/2008 @ 12:39
Diije, tu devrais essayer 20th Century Boys ;D.
Commentaire par wullon — 08/06/2008 @ 09:04
ouai, tu devrai essayer ! c’est le meilleur manga qui existe. naoki urasawa est un génie , aussi bien au niveau des scénario que des dessins .
Commentaire par mangas-lover-du-67@skyrock.com/ — 10/11/2009 @ 16:41